Voyages: le "certificat vert" pour qui et quoi faire?

Evrard Martin
Марта 19, 2021

Le futur sésame pour voyager? Présenté en détail mercredi par la Commission européenne, le projet de certificat sanitaire a en tout cas fait un pas supplémentaire. Il ne sera pas toutefois une " condition préalable " à la libre circulation dans l'UE, a précisé le libéral.

Ce document de voyage, qui serait disponible gratuitement sous format numérique ou papier et muni d'un code QR, permettrait de prouver la vaccination de son porteur contre la Covid-19, mais aussi - pour éviter toute discrimination envers celles et ceux qui ne sont pas vaccinés - la valeur d'un test de dépistage négatif ou celle d'une certaine immunité acquise après une contamination survenue moins de 180 jours auparavant. "Il faut qu'elle soit très vite mise en œuvre par tous les membres de l'UE et il faudrait des initiatives comparables dans le monde entier pour aider à relancer les voyages en avion partout", a réagi Alexandre de Juniac, le directeur général de l'Association internationale du transport aérien (Iata)".

Ainsi les personnes non vaccinées, parce qu'elles ne font pas partie des publics prioritaires ou parce qu'elles ne souhaitent pas l'être, doivent pouvoir continuer à voyager, en étant soumises le cas échéant à des mesures comme la quarantaine. Mais un Etat qui imposerait aux titulaires de ce certificat une quarantaine, un test, ou les empêcherait d'entrer sur son territoire devrait justifier de cette décision auprès de Bruxelles.

Même si les campagnes de vaccination sont toujours à la peine - seulement 3,5% de la population européenne a reçu les deux doses de vaccination nécessaires, selon un comptage fait mercredi 17 mars par l'AFP -, il est réclamé par les pays les plus dépendants du tourisme, la Grèce en tête.

"Mais cela n'empêchera pas les États membres d'accepter les certificats émis pour d'autres vaccins", selon la version provisoire du texte lue par l'AFP, ce qui ouvre la voie notamment aux vaccins chinois Sinopharm et russe Spoutnik V, que certains pays de l'UE comme la Hongrie ont adoptés. La Commission "travaille pour que ce soit fait avant juin", avait précisé dimanche Thierry Breton, jugeant "primordial" de tout faire "pour préserver la saison touristique". La Grèce et Chypre ont conclu des accords touristiques avec Israël permettant aux citoyens vaccinés de voyager entre ces pays sans restrictions. Ils devraient également être délivrés aux ressortissants de pays tiers qui résident dans l'UE et aux visiteurs qui ont le droit de se rendre dans d'autres États membres.

Cette proposition de règlement devra encore être approuvée par les États membres et le Parlement européen. Jusqu'à présent l'action de Bruxelles consistait à émettre des recommandations, non contraignantes.

Le secteur européen de l'aviation, durement touché par la pandémie, s'est aussitôt réjoui de ce projet, saluant un "outil clé" pour une reprise des voyages et du tourisme. "A l'inverse, les partisans d'une Europe de la santé la voient comme une avancée".

Le projet soulève aussi des interrogations d'un point de vue scientifique, alors que des incertitudes entourent encore le fait de savoir si des personnes vaccinées peuvent être porteuses du virus de façon asymptomatique et le transmettre. Malgré les retards de livraisons et la suspension de l'utilisation d'AstraZeneca par plusieurs pays, Bruxelles a maintenu son objectif d'une vaccination de 70% des adultes d'ici à la fin de l'été.

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