Washington annonce des sanctions contre plusieurs responsables russes — Affaire Navalny

Evrard Martin
Марта 3, 2021

Les sanctions visent notamment Alexandre Bortnikov, patron des puissants services de sécurité (FSB), le chef des services pénitentiaires Alexandre Kalachnikov, le procureur général Igor Krasnov ou encore un proche collaborateur du président Vladimir Poutine, Sergueï Kirienko.

Il s'agit des premières sanctions contre la Russie annoncées par Joe Biden. À noter que les mesures prononcées par Washington ont été prises "en concertation étroite" avec l'Union européenne qui a sanctionné ce lundi quatre fonctionnaires russes.

Le 18 janvier, Agnès Callamard et Irene Khan avaient salué le "courage" d'Alexei Navalny, et dénoncé son arrestation à son arrivée à Moscou. Hospitalisé dans un premier temps à Omsk, en Sibérie, il a été transféré le 22 août en Allemagne, où les médecins ont conclu qu'il avait été empoisonné au Novitchok. L'administration Biden a également annoncé des sanctions pour 15 entreprises, dont la plupart étaient impliquées dans la production d'agents biologiques et chimiques.

La Russie dément toute responsabilité dans sa maladie et dit n'avoir vu aucune preuve de son empoisonnement. "La tentative de la Russie de tuer M. Navalny suit un schéma inquiétant d'utilisation d'armes chimiques par la Russie", a souligné l'un des responsables américains.

"Nous pensons que les Etats-Unis et ses partenaires doivent être clairs et imposer des mesures de rétorsion lorsque le comportement de la Russie dépasse les lignes définies par des nations responsables (.)", a-t-il ajouté.

Washington étudie par ailleurs de nouvelles sanctions à l'égard de la Russie pour le rôle joué par Moscou dans le piratage du fournisseur américain de logiciels SolarWinds et les accusations selon lesquelles des primes auraient été versées à des combattants liés aux Taliban en Afghanistan afin qu'ils tuent des soldats américains. Cela, après que les services secrets américains aient découvert que la Russie est intervenue dans les élections américaines de 2016.

Avant l'officialisation des sanctions américaines, des sources interrogées par Reuters avaient indiqué que Washington comptait s'appuyer sur deux décrets, dont l'un publié après l'invasion par la Russie de la Crimée qui permet à l'administration de sanctionner des représentants russes.

L'annonce formelle des sanctions européennes était attendue ce mardi.

Les Européens avaient déjà décidé mi-octobre de sanctionner six personnalités russes, dont des proches du président Vladimir Poutine, après l'empoisonnement d'Alexeï Navalny.

"La Russie est responsable de la tentative d'assassinat arbitraire de M. Navalny", a soutenu Agnès Callamard, Rapporteure spéciale sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, en conférence de presse en référence à l'empoisonnement de l'opposant en août.

Une fois ses soins en Allemagne terminés, Alexeï Navalny, âgé de 44 ans, est rentré en janvier en Russie, où il a été arrêté et condamné à plus de deux ans et demi d'emprisonnement pour avoir violé les termes d'une condamnation avec sursis. Cependant, Joe Biden s'est montré plus dur, surtout après l'emprisonnement d'Alexeï Navalny et la répression des manifestations dans le pays.

De leur côté, Moscou a appelé les Etats-Unis à "ne pas jouer avec le feu".

Les Etats-Unis, le Canada, la Norvège et les pays membres de l'OTAN ne faisant pas partie de l'Union européenne ont déposé une requête pour la création d'un "Schengen des armées" aux frontières dites "extérieures" de l'UE, a-t-on appris d'une source militaire européenne.

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