Des ministres accusés de participer à des dîners clandestins : une enquête ouverte

Alain Brian
Апреля 5, 2021

Le sujet proposé par M6 ce vendredi soir a fait grand bruit.

Le procureur de la République, Rémy Heitz, a annoncé dimanche en fin de journée avoir saisi " la Brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne d'une enquête des chefs de mise en danger d'autrui et de travail dissimulé", afin de " vérifier si des soirées ont été organisées en méconnaissance des règles sanitaires et de déterminer quels en ont été les éventuels organisateurs et participants ".

Des dîners parisiens luxueux et clandestins en pleine épidémie de Covid-19? Les journalistes de le chaîne se sont introduits en caméra caché dans un restaurant clandestin situé dans les beaux quartiers de Paris.

Mais c'est une petite phrase, glissée au cours du reportage par l'un des organisateurs, anonyme, présenté comme "collectionneur" qui a fait éclater la polémique.

Les propos tenus n'en restent pas là, puisque cet homme, reconnu par des médias et des internautes comme étant Pierre-Jean Chalençon, propriétaire du Palais Vivienne à Paris et ancien intervenant dans l'émission "Affaire Conclue" avec Sophie Davant sur France 2, affirme avoir dîné "avec un certain nombre de ministres ".

Dans cette même vidéo de Sam Zirah, juste après avoir expliqué son concept, Pierre-Jean Chalençon faisait une liste de ses amis dans le monde de la politique.

L'humour. Dimanche soir, via un communiqué de son avocat à l'AFP, le propriétaire du Palais Vivienne a plaidé "l'humour", reniant ainsi ses accusations et reconnaissant implicitement sa participation au reportage. "La ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a estimé dimanche que " si des ministres ou des députés " ont participé à des dîners clandestins à Paris, comme affirmé dans le reportage de M6, " il faut qu'ils soient pénalisés comme n'importe quel citoyen ". Gabriel Attal "doit venir dîner prochainement", affirmait-il également à l'époque. De nombreux utilisateurs du réseau social réclament par ailleurs la démission des ministres incriminés, si la présence de ceux-ci dans les restaurants clandestins était effectivement établie. "Tous les ministres, sans exception, respectent la règle, aucun n'estime avoir droit à quelque passe-droit que ce soit", a-t-il insisté. "Gabriel Attal a découvert cet extrait ce soir sur Twitter avec beaucoup d'étonnement". Ce dimanche, le ministre de l'Intérieur a pris la parole sur Twitter pour indiquer avoir demandé au préfet de police de Paris de "vérifier l'exactitude des faits rapportés afin, s'ils sont vérifiés, de poursuivre les organisateurs et les participants de ces dîners clandestins".

En visite dans un centre de vaccination à Marcq-en-Barœul (Nord), Gérald Darmanin qui a saisi la préfecture de police d'une enquête administrative avait lui indiqué que "soit (ces faits) sont faux et il ne faut pas jeter l'opprobre évidemment, soit ils sont vrais et évidemment (.) les personnes doivent pouvoir être poursuivies et, j'imagine, condamnées pour avoir organisé de telles soirées". "Comme il l'a indiqué en fin d'après-midi sur LCI, il attache la plus grande importance à l'exemplarité des membres du gouvernement dans cette période".

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