L'Avenir Le plus gros iceberg existant se détache de l'Antarctique

Solenn Plantier
Мая 20, 2021

Un iceberg d'une taille équivalente à la moitié de l'île de Corse, le plus gros au monde, s'est détaché de la barrière de glace de Ronne en Antarctique, selon des images d'un satellite du programme européen Copernicus, a annoncé l'Agence spatiale européenne. Ce morceau de glace gigantesque, baptisé A-76, fait environ 170km de long sur 25 km de large, pour une surface totale de 4.320 km2.

Des images, capturées le 16 mai par les satellites de la mission Copernicus de l'Agence spatiale européenne, montrent qu'un énorme iceberg vogue actuellement sur l'océan Atlantique Sud, en direction d'une île appartenant au Royaume-Uni: la Géorgie du Sud. Il s'est détaché dans la mer de Weddel, selon un communiqué de l'agence diffusé mercredi. Après un voyage de trois ans, cet iceberg s'est finalement éteint en avril, se morcelant en blocs trop petits pour être suivis.

En février dernier déjà, un iceberg de la taille des agglomérations de Paris ou Londres s'était détaché de l'Antarctique, non loin d'une station de recherches britannique.

La formation des icebergs, blocs de glace d'eau douce issus de la fragmentation d'un glacier continental ayant atteint le littoral, est un processus naturel.

Le réchauffement de l'air et des océans peut contribuer à l'accélérer. "Ce qui nous inquiète c'est ces plateformes de glace freinent l'écoulement des glaciers qui viennent de l'Antarctique". D'autres parties de cette barrière de Larsen, à la pointe de la péninsule antarctique, s'étaient désintégrées en quelques semaines en 1995 et en 2002.

Une récente étude des chercheurs de l'université de Reading, en Angleterre, indique que si la communauté mondiale ne réussit pas à contenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, comme le prévoit l'accord de Paris sur le climat, plus d'un tiers de la zone de la banquise de l'Antarctique risque de s'effondrer dans la mer.

La calotte glaciaire de l'Antarctique, qui représente l'équivalent de 55 mètres d'élévation du niveau des océans, perd 150 millions de tonnes de glace chaque année. L'hypothèse de sa fonte fait partie des " points de rupture " ou " point de bascule " identifiés par les scientifiques comme des éléments clés dont la modification substantielle pourrait entraîner le système climatique vers un changement dramatique et irrémédiable.

D'autres rapports

Discuter de cet article