Un Palestinien tué à Jérusalem-Est après une prière sous haute tension

Claudine Rigal
Juillet 22, 2017

Les tensions qui montaient ces derniers jours dans la vieille ville de Jérusalem ont poussé les policiers israéliens à prendre une décision radicale: interdire aux hommes de moins de 50 ans d'accéder à la vieille ville vendredi 21 juillet pour la grande prière musulmane.

La police a tiré des grenades assourdissantes sur des manifestants, alors que des Palestiniens ont jeté des pierres et d'autres objets sur les forces de sécurité.

Des centaines de personnes, dont des dignitaires musulmans, se sont approchés de la porte des Lions, à proximité de l'esplanade des Mosquées, mais la police leur a signifié que seuls les hommes de 50 ans et plus seraient autorisés à passer la porte et entrer dans la vieille ville. "Les femmes de tous âges seront admises", a dit la police dans un communiqué.

Les Palestiniens dénoncent depuis une semaine l'installation de détecteurs de métaux aux entrées de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, le troisième lieu saint de l'islam.

En signe de protestation, ils ont décidé de ne plus aller prier sur l'esplanade des Mosquées.

Israël accuse les auteurs de l'attaque d'avoir caché leurs armes sur l'esplanade des Mosquées, que les Juifs révèrent comme le mont du Temple, le premier lieu saint du judaïsme. "Quand je leur ai dit que j'allais chez le docteur, ils ne m'ont pas laissé entrer", a indiqué Ulfat Hamad, 42 ans, venu des Etats-Unis.

Les ministres jordanien et émirati des Affaires étrangères se sont entretenus par téléphone, appelant les autorités israéliennes à la réouverture "immédiate et totale" de l'accès à la mosquée al-Aqsa, selon une source officielle jordanienne.

Mais Israël assure ne pas avoir l'intention de modifier les règles tacites d'un statu quo aux termes duquel les musulmans peuvent monter à toute heure sur l'esplanade et les juifs y pénétrer à certaines heures, sans pouvoir y prier.

Alors que le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a appelé vendredi à une " journée de la colère", la polémique sur les détecteurs de métaux a rebondi au-delà des Territoires palestiniens.

En Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan avait exhorté jeudi Israël à retirer les détecteurs de métaux "dans les plus brefs délais possibles", "vu l'importance que revêt (l'esplanade des Mosquées) pour tout le monde musulman".

Vendredi dernier, trois Arabes israéliens ont été abattus par les forces israéliennes sur l'esplanade des Mosquées, après que deux policiers israéliens ont été attaqués et tués.

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