Panique dans les boulangeries — Pénurie de beurre

Xavier Trudeau
Septembre 6, 2017

La situation ne s'est pas arrangée et impacte les consommateurs qui voient le prix de leur croissant s'envoler.

Depuis quelques jours, des premiers cas de pénurie de beurre ont été signalés. Les professionnels du secteur s'inquiètent, le croissant risque bien de disparaître des étals des boulangeries. "Des grossistes ne peuvent déjà plus fournir un certain type de beurre".

Si elle assure que cela n'est pas perceptible chez les particuliers, en revanche pour les industriels "il n'y a plus de beurre AOP français disponible".

" Nous avons ajouté 10 centimes par croissant au beurre à la rentrée ", explique une boulangerie parisienne du XVe arrondissement, dans les colonnes du Parisien. En 20 mois, la hausse atteint 172%.

D'une manière plus globale, si vous aviez décidé de manger moins gras, c'est l'occasion: la hausse du prix du beurre dans l'industrie agroalimentaire, passé de 2 500 euros la tonne en avril 2016 à 6 800 euros en septembre 2017, va impacter toute la filière. Cette flambée des prix est due à plusieurs facteurs. Premièrement, la forte demande du produit aux quatre coins du monde. Quant aux États-Unis, les Américains se sont remis à consommer en masse du beurre après la publication de plusieurs études scientifiques qui l'ont "réhabilité". Parallèlement, l'offre diminue avec notamment la fin des quotas laitiers.

Dans les semaines à venir, ne soyez pas étonné si votre boulanger augmente le prix de ses viennoiseries.

Dans les grandes surfaces aussi, il a fallu augmenter les prix du beurre.

"Nous interpellons les pouvoirs publics".

A lire aussi - Le cours du beurre flambe: paierez-vous croissants et pâtisseries plus cher? "Face à cette explosion, les industriels, dont certains de leurs produits sont composés à plus de 25% de beurre - comme les croissants par exemple - doivent pouvoir augmenter leurs prix de vente".

Pour la FEB, " il faut donc être conscient que le prix des produits vendus aux consommateurs doit évoluer également.

Pour la FEB, l'augmentation des tarifs des produits de boulangerie, de la pâtisserie et de la viennoiserie est "la seule solution pour pérenniser la viabilité des entreprises qui ont fait de la qualité gustative et du 'made in France' un atout de vente essentiel et qui sont touchées de plein fouet par cette crise". Mais les professionnels ne sont pas rassurés et ne pensent pas à un retour à la normale avant le printemps prochain.

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