Alerte à la roquette dans le nord d'Israël

Claudine Rigal
Mai 14, 2021

L'invasion terrestre de Gaza est "l'un des scénarios" sur lesquels table l'armée israélienne.

L'armée israélienne a déployé, jeudi, des chars et des blindés le long de sa frontière avec la bande de Gaza, tandis que les échanges de tirs meurtriers avec le mouvement islamiste palestinien Hamas continuent.

Des Palestiniens font leurs bagages avant de quitter leur maison endommagée par les tirs israéliens. Plus tôt dans la journée, elles ont frappé l'appartement du chef de la division des drones du Hamas, Samer Abou Daka, et un centre de renseignement militaire du groupe, où des "douzaines d'agents" étaient présents.

Depuis le début de ce nouveau cycle de violences lundi, 103 morts Palestiniens, dont 27 enfants, ont été tués dans la bande de Gaza, et 580 blessés, selon un dernier bilan du ministère local de la santé.

"La brigade Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, n'a pas nommé les autres membres de l'organisation tués dans les frappes israéliennes mais a salué dans un communiqué le "courage" des "chefs" et "des combattants" qui se sont levés pendant l'agression des forces d'occupation (nom donné par le Hamas à Israël)" contre les positions du mouvement.

La guerre entre Israël et le Hamas avait alors duré 50 jours et fait au moins 2.251 morts côté palestinien, en majorité des civils, et 74 côté israélien, presque tous des soldats.

En Israël, où le bouclier antimissile " Dôme de fer " a intercepté environ 90 % des quelque 1800 roquettes tirées cette semaine, le bilan est passé à neuf morts et des centaines de blessés. Emmanuel Macron, qui s'est entretenu hier avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a "fermement condamné les tirs revendiqués par le Hamas et d'autres groupes terroristes" qui mettent "en grave danger la population de Tel Aviv" et nuisent "à la sécurité de l'État d'Israël", a indiqué l'Elysée dans un communiqué. Et des centaines de personnes ont quitté leurs maisons précipitamment pour éviter des frappes dans le nord de la bande de Gaza, selon des témoins et des journalistes de l'AFP sur place.

L'armée israélienne a annoncé ce mercredi la mort d'un de ses soldats dans un tir de missile antichar effectué depuis la bande de Gaza par le mouvement islamiste armé Hamas.

Ces affrontements sur l'esplanade, troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré du judaïsme, avaient suivi plusieurs jours de heurts à Jérusalem-Est, dus principalement aux menaces d'expulsion de familles palestiniennes au profit de colons juifs. Les Etats-Unis ont annoncé l'envoi d'un émissaire en Israël et dans les Territoires palestiniens pour exhorter une nouvelle fois à la "désescalade", tandis que Moscou a appelé à une réunion d'urgence du Quartette sur le Proche-Orient (UE, Russie, USA et ONU).

Les affrontements en cours ont été déclenchés après un barrage de roquettes du Hamas tirées vers Israël en " solidarité " avec les plus de 700 Palestiniens blessés dans des heurts en fin de semaine dernière et lundi avec la police israélienne sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, secteur palestinien illégalement occupé par Israël depuis 1967 selon l'ONU.

Compte tenu des risques liés aux attaques aériennes, plusieurs compagnies internationales parmi lesquelles KLM, British Airways, Virgin, Lufthansa et Iberia ont annulé leurs vols vers Israël. Cinq personnes ont été blessées dans la nuit quand une roquette tirée depuis la bande de Gaza s'est abattue dans un complexe résidentiel près de Tel-Aviv, selon les secouristes israéliens.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a dit vouloir "continuer" à frapper et affaiblir les "capacités militaires" du Hamas.

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