Chasse à l'homme pour retrouver un militaire d'extrême droite jugé dangereux — Belgique

Claudine Rigal
Mai 21, 2021

Un blindé de l'armée belge arrivant à l'entrée du parc national Hoge Kempen, en Belgique, durant des recherches visant à capturer le Belge Jurgen Conings, un soldat qui a disparu après avoir menacé un virologue favorable aux vaccins anti-COVID-19.

Il est considéré comme dangereux notamment parce qu'il " a laissé deux lettres avec des éléments inquiétants ", a précisé un porte-parole du parquet fédéral, évoquant des menaces pesant sur " les structures de l'État et des personnes publiques". A l'intérieur se trouvaient quatre lance-roquettes antichars et des munitions, avait indiqué mercredi le parquet.

Le parc national se situe près de la frontière avec les Pays-Bas, où la police néerlandaise se dit " en alerte " et où des unités spéciales se tiennent prêtes à intervenir, a rapporté pour sa part l'agence de presse Belga.

Repéré pour ses propos racistes, le militaire d'extrême droite est soupçonné de vouloir s'en prendre à l'Etat belge et à un virologue connu. Il est soupçonné d'avoir dérobé plusieurs types d'armes à feu dans sa caserne avant de prendre la fuite.

La chasse à l'homme se poursuit ce jeudi 20 mai dans le nord de la Belgique pour tenter de retrouver un militaire d'extrême droite en fuite probablement avec des armes à feu.

Jurgen Conings, un militaire de 46 ans, probablement armé et donc jugé dangereux, était toujours activement recherché vendredi dans la province néerlandophone du Limbourg (nord), non loin de la frontière avec les Pays-Bas.

Ludivine Dedonder a révélé jeudi que le militaire avait été sanctionné par sa hiérarchie l'an dernier en raison de son profil radicalisé et de menaces et propos racistes diffusés sur Facebook.

"Toutefois, le Premier ministre, Alexander De Croo, a précisé que l'homme était par ailleurs fiché par l'Ocam, l'organisme belge d'analyse de la menace terroriste, depuis trois mois".

Parmi les cibles potentielles de Jürgen Conings figure en effet le virologue flamand Marc Van Ranst, expert parmi les plus en vue dans la crise sanitaire.

Il n'y a pas de place à la Défense pour des extrémistes ou des fascistes", a lancé devant le Parlement Ludivine Dedonder, tandis qu'Alexander De Croo a réaffirmé qu'"appeler à la haine et à la violence, c'est inacceptable, qu'il s'agisse de virologues, de scientifiques, d'adversaires politiques. "C'est punissable par la loi", a aussi dit le premier ministre. Et la ministre de la Défense Ludivine Dedonder, qui a également dû s'expliquer, a promis une enquête interne au sein de l'armée afin que cela ne se reproduise plus. Une plainte avait même été déposée par l'état-major, classée sans suite, selon elle. "Je veux qu'il puisse y avoir un screening régulièrement de tous les militaires qui ont accès à des lieux sensibles, à des informations sensibles mais aussi qui sont en possession d'armes", a affirmé la ministre socialiste francophone à la radio La Première (RTBF). Les recherches ont nécessité la fermeture d'une portion de l'autoroute E314, à hauteur de Maasmechelen en direction de Genk, un axe qui borde le parc national.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL