Vaccin AstraZeneca: des scientifiques allemands pensent avoir trouvé l'origine des thromboses

Alain Brian
Mai 28, 2021

Du moins en France, puisqu'un décès a été déclaré en Belgique, il y a une semaine, chez une patiente de moins de 40 ans, poussant les autorités sanitaires à revoir les conditions d'attribution du sérum. Un espoir subsiste pour le reste du monde et les mois à venir grâce à la découverte de chercheurs allemands, relayée dans le Financial Times, qui pointe du doigt les adénovirus utilisés par AstraZeneca, Johnson & Johnson, mais aussi Spoutnik V (non autorisé dans l'Union européenne). Des scientifiques allemands pensent avoir trouvé l'explication à la survenue de ces rares effets secondaires, qui ont mis à mal la confiance dans ces vaccins, particulièrement AstraZeneca.

Un problème de cible du vaccin? "Quand les gènes du virus sont dans le noyau, ils peuvent créer des problèmes", a détaillé Rolf Marschalek auprès du Financial Times. Et une fois à l'intérieur du noyau cellulaire, certaines parties de la protéine Spike se briseraient ou s'entortilleraient, créant des versions dites "mutantes", incapables de se lier à la membrane cellulaire où l'immunisation doit avoir lieu.

Pour autant, les formules d'AstraZeneca et de Johnson & Johnson ne seraient pas définitivement à mettre à la poubelle, affirment-ils. Ce qui pourrait être corrigé, en modifiant le code de la protéine Spike, de façon à l'empêcher de se briser. "Le morceau viral d'ADN [.] n'est pas optimisé pour être transcrit à l'intérieur du noyau", notent les scientifiques dans leur étude. "L'entreprise essaie actuellement d'optimiser son vaccin", indique-t-il aujournal. Cette solution doit encore être validée par d'autres chercheurs.

En résumé, si le processus est assez classique pour un vaccin, dont le principe ici est de permettre à l'organisme de détecter le virus, injecté en très faible quantité, pour pouvoir le combattre le plus efficacement possible par la suite, il comporte dans les cas des vaccins AstraZeneca et Janssen un petit imprévu, pour 1 une personne sur 100 000. Les scientifiques n'ont en revanche pas encore pu entrer en relations avec AstraZeneca. "S'ils me contactent, je peux leur dire quoi faire pour fabriquer un meilleur vaccin", assure Rolf Marschalek. Leur étude, qui n'a pas encore fait l'objet d'une revue par des pairs, a été présentée à l'Institut Paul-Ehrlich du gouvernement allemand et à l'organe consultatif du pays sur la vaccination. En France, l'Agence française du médicament a recensé début mai "30 cas, dont 9 décès" de thromboses rares sur plus de 3.855.000 injections du vaccin anglo-suédois. Aux États-Unis, huit des 7,4 millions de destinataires des injections de Johnson & Johnson ont fait l'objet de cette réaction.

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