Facebook annonce suspendre Donald Trump pour deux ans — États-Unis

Claudine Rigal
Juin 6, 2021

Facebook a prolongé vendredi jusqu'en janvier 2023 au moins la suspension de Donald Trump de son réseau social et a annoncé une modification de ses règles concernant le traitement réservé aux responsables politiques qui violent ses conditions d'utilisation.

Donald Trump est interdit de publier sur Facebook. Au même titre que l'ex-président américain, les personnalités politiques seront désormais sanctionnées comme les autres utilisateurs quand elles enfreignent les règles du réseau social, notamment en cas de désinformation, a fait savoir la plateforme américaine ce vendredi 4 juin.

L'ancien président américain ne pourra revenir que quand les "risques pour la sécurité du public auront disparu", a précisé la plateforme qui l'avait exclu provisoirement le 7 janvier dernier après l'attaque du Capitole à Washington.

Le géant des réseaux sociaux a créé une nouvelle règle sur mesure par rapport aux événements du 6 janvier, avec des sanctions allant d'un mois à deux ans de suspension pour les personnalités publiques en cas de troubles et de violences, d'après un communiqué. Donald Trump a été définitivement banni par Twitter et reste suspendu par YouTube depuis l'émeute du 6 janvier. " Ils ne devraient pas être autorisés à s'en tirer avec cette censure et ce silence, et en fin de compte, nous gagnerons". " Nous savons que la décision d'aujourd'hui sera critiquée par de nombreuses personnes de part et d'autre du clivage politique, mais notre travail consiste à prendre une décision de la manière la plus proportionnée, juste et transparente possible, conformément aux instructions qui nous ont été données par le Conseil de surveillance " a-t-il ajouté.

Pourtant, Facebook vient de mettre fin à l'immunité très controversée dont bénéficiaient les élus et candidats qui enfreignent ses règles, au nom de "l'intérêt du public à s'informer".

M. Trump publie régulièrement des déclarations à la presse par courrier électronique et, bien que nombre d'entre elles soient largement relayées sur les médias sociaux, sa portée et sa domination sur les cycles d'information ont clairement diminué.

"Facebook a raison de changer de tactique et d'appliquer aux politiques ses règles contre les comportements néfastes". "Malgré ça, Facebook continue d'envisager de rétablir le compte de Trump", s'est indigné Angelo Carusone, président de l'association Media Matters for America.

Jusqu'ici, Facebook s'était refusé à exercer le rôle "d'arbitre de la vérité en ligne". Autant de propos qui jettent de l'huile sur le feu dans un pays déjà très divisé. Toutefois, l'invasion du Congrès, qui a fait plusieurs morts, a marqué un tournant.

Accusées de servir de mégaphone à l'ancien président, la plateforme et ses voisines, comme Twitter, ont durci leur modération des contenus, à grand renfort de signalements adossés aux messages problématiques.

Mais les démocrates leur reprochent toujours leur inefficacité à contenir la désinformation, tandis que les républicains les accusent de censure.

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