Navire en feu : le Sri Lanka va attaquer l'armateur

Evrard Martin
Juin 2, 2021

"Avec ce que les vagues ont déposé pendant la nuit, il n'y a plus qu'à recommencer", ajoutait-il. Une trentaine étaient remplis de millions de granulés de polyéthylène destinés à l'industrie de l'emballage.

L'essentiel de la cargaison, qui incluait 25 tonnes d'acide nitrique, de la soude caustique, des lubrifiants et d'autres produits chimiques, semble avoir été détruit par les flammes, selon les autorités.

L'enquête criminelle a été ouverte après une plainte de l'Autorité de protection de l'environnement marin du Sri Lanka (MEPA), avait indiqué la police dimanche.

Ses conséquences écologiques sont beaucoup plus graves qu'une simple marée noire et difficiles à évaluer dans leur globalité: "L'impact de cette pollution chimique à proximité des côtes a des répercussions sur l'acidité et la température de l'eau".

L'incendie, plusieurs jours durant, a gravement endommagé la structure même du navire, long de 186 mètres. Le propriétaire du bateau, X-Press Feeders, affirme que la coque est intacte et que ses réservoirs de carburants ne sont pas touchés, alors qu'une marée noire est également redoutée. De construction récente, le cargo X-Press Pearl battant pavillon singapourien se rendait du Gujarat, en Inde, à Colombo.

D'ores et déjà, la pollution touche une zone très étendue, d'environ 80 km de long, sur tout le littoral autour de Colombo.

La semaine dernière, les autorités ont affirmé qu'elles pensaient que l'incendie, qui s'est déclaré le 20 mai à bord du "X-Press Pearl", immatriculé à Singapour, avait été provoqué par une fuite d'acide nitrique dont l'équipage avait connaissance depuis le 11 mai. Alors que des équipes de nettoyage sont à pied d'œuvre pour retirer le plastique qui s'est déversé sur les plages, les membres de l'équipage ont commencé à être interrogés ce lundi dans le cadre d'une enquête sur l'une des pires pollutions marines de l'histoire du Sri Lanka.

Nous avons examiné les détails, et nous attaquerons en justice les responsables, a déclaré la présidente du MEPAAutorité de protection de l'environnement marinDharshani Lahandapura à la presse à Colombo, soulignant toutefois que l'évaluation des dommages prendrait du temps.

Les 25 membres d'équipage ont tous été évacués et ont dû aussitôt respecter une quarantaine sanitaire. Ils prévoient d'envoyer des experts à bord et excluent, de fait, pour l'heure, un remorquage de l'épave hors des eaux sri-lankaises. Deux d'entre eux ont été transférés dans des hôpitaux locaux pour recevoir des soins après des blessures avant leur évacuation.

"Le navire sera remorqué aussi loin que possible de la côte avant qu'il ne sombre complètement", a précisé le porte-parole.

L'armateur, lui, affiche sa volonté de coopérer. Lors des opérations de lutte contre l'incendie, énormément d'eau a inondé les ponts. "Cela altère la biodiversité et fait disparaître le plancton", explique le Dr K.Arulananthan, scientifique à l'agence nationale pour la recherche et le développement aquatique.

Selon le clergé, la majorité des victimes de cette pollution appartiennent à la communauté catholique, minoritaire dans l'île.

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